RAS LE BOL des Gilets jaunes ?

© ABDULMONAM EASSA AFP

Hier, alors que j’allais me faire poser une gouttière pour combler un grincement de dents nocturne qui a fait son apparition il y a à peu près deux mois ( bizarrement au début du mouvement des Gilets jaunes ), je demandais au moment de régler « Combien je vous dois Docteur? », «  Rien, tout est compris par la Sécu .». Surpris, je lui dit « C’est extraordinaire ce que vous me dites. »,  « Et oui, c’est un bien beau pays la France… », « Oh m’en parlez pas …».

Créer son bonheur ou l’attendre?

En France, nous avons pris pour habitude de nous plaindre, de crier au scandale, de nous révolter pour un oui pour un non et cela est entré dans les moeurs comme l’arbre magique dans les voitures. C’est quand même, reconnaissons-le, grâce à cet esprit de révolte que nous sommes connus et reconnus dans le monde, comme le pays des droits de l’homme. Cependant, y a t’il vraiment une légitimité dans ces actes de violence? Y a t’il quelque chose qui justifie cette hargne envers le gouvernement, envers les policiers qui se font lyncher depuis plus de deux mois?

Lorsque nous sommes malheureux, nous aimons remettre la faute sur autrui avant de se regarder dans un miroir car cela nous rassure. Au lieu de travailler sur nous-même pour atteindre la paix intérieure, nous passons notre temps à attendre de voir des solutions tomber du ciel comme les médicaments tombent des pharmacies. Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes en France qui consomment des psychotropes ( la France en est le plus gros consommateur au monde). Nous aimons nous plaindre du gouvernement en nous disant que demain sera meilleur et en espérant que le prochain sera le « Bon », et le mouvement des Gilets jaunes en est le parfait exemple.

«  Je ne cautionne pas la violence mais je la comprends. »

Ce mouvement populaire parti à l’origine d’un ras le bol du gouvernement ( jusqu’ici rien de très anormal ) s’est généralisé en un mouvement demandant un peu tout et n’importe quoi. Je pense surtout que la crise des Gilles et John ( comme dirait ce cher Briag Maruani ) n’est pas seulement due à une accumulation d’erreurs du gouvernement mais en une somme de « fautes à pas de chance » dont notre cher JOHNNY pourrait avoir été l’élément catalyseur. Il faut dire que nous avons perdu en France celui qui était depuis des siècles et des siècles l’icône nationale des classes populaires. 

En manque de repère, la France se voit être dirigée par un nouveau clown à la tête du gouvernement, un clown dont on ne comprend pas pour la majorité d’entre nous 75% de ce qu’il raconte, si ce n’est qu’il veut taxer. 

La suite, c’est un effet boule de neige. Les gens se sont pris à apprécier de se rassembler au milieu de ronds points, autour d’un bon feu de bois à manger un bon Gigot, en parlant de Johnny au passé, tel une famille autour d’un sapin de Noël, et de regarder chaque samedi soir sur BFM TV les scènes de matraquage des forces de l’ordre comme un téléfilm aux allures morbides. 

À chaque Acte, son lot de bêtises. La semaine dernière, c’est celle d’un boxeur lynchant lâchement avec plusieurs de ses collègues un policier à terre. Ce même boxeur qui désire maintenant se faire passer pour un martyre et trouver une légitimité à ses actes inadmissibles.

Le problème, c’est que la plupart des gens vont dire «  Je ne cautionne pas la violence mais je la comprends. ». Cela ne veut STRICTEMENT RIEN DIRE car comprendre la haine c’est la cautionner. 

« Leur recette pour être heureux ? Voir ce qu’ils ont et pas ce qu’ils n’ont pas »

Nous vivons dans un des plus beaux pays du monde. Des millions, voire des milliards de personnes rêvent de pouvoir y vivre pour profiter des milliers d’avantages qu’il nous offre. Et nous, enfants gâtés que nous sommes, ne trouvons aucun autre moyen que de véhiculer dans le monde entier une image de haine et d’ingratitude. Il n’y a qu’à voyager un minimum dans le monde pour se rendre compte que l’on a une image d’un peuple éternellement insatisfait. 

Nous avons tout pour vivre heureux, des campagnes, la mer, les montagnes, une alimentation abondante et de qualité, des soins gratuits, des écoles gratuites, etc etc.  Raphael, un de mes meilleurs amis, récemment parti au Sénégal faire du bénévolat, y a réalisé un documentaire en posant aux habitants d’un village une question simple : « Qu’est-ce qui te rend heureux aujourd’hui ? »  La réponse de ces gens vivant tous sous le seuil de pauvreté est touchante. Leur recette pour être heureux ? Voir ce qu’ils ont et pas ce qu’ils n’ont pas.

ABDOU – « Aujourd’hui, ce qui me rend heureux, c’est d’être avec toi Raph, dans ce jardin, de travailler le sol et de prendre le temps de boire un café, ensemble.»

Au delà de ce constat, il faut voir également que leur interprétation du mot « Aujourd’hui » parle d’un bonheur présent, à l’heure même où la question leur a été posée, et non d’un bonheur projeté sur plusieurs jours, mois, années.. L’une de mes phrases préférées d’un habitant de Tunis  « Vous, vous avez l’heure, nous, on a le temps » l’illustre parfaitement. Le problème aujourd’hui c’est que nous ne vivons plus dans l’instant présent, nous pensons constamment au futur ou au passé et laissons échapper une grosse part de notre bonheur.

« Vous nous parlez de la fin du monde mais nous, on parle de la fin du mois »

Mais revenons-en à nos moutons.. Je crois qu’il est grand temps de reprendre les bases, de réaliser la chance que nous avons d’être en vie, de pouvoir nous balader dans des forêts, de pouvoir encore observer des animaux libres, de pouvoir entendre des oiseaux chanter, de pouvoir manger sans crever de faim. N’oublions pas ce qui faisait de nous des enfants si heureux. Et ce slogan « Vous nous parlez de la fin du monde mais nous, on parle de la fin du mois » est si irresponsable. Nous rendons-nous compte que s’il n’y a plus de monde, il n’y aura plus de fin du mois?  Est-ce cela que nous voulons léguer à nos enfants?

Le Français n’entend plus les sifflements du merle enchanteur

Malheureusement, le français ne voit plus ces belles choses. Le français n’entend plus les sifflements du merle enchanteur en se levant le matin car il ne pense qu’à allumer sa TV.

D’ailleurs, savez-vous que si nous sommes si happés par la TV, c’est parce que la fréquence des images nous rappelle les oscillations du feu. Ce feu que l’on aime tant regarder, ce feu devant lequel nous aimons nous endormir, ce feu devant lequel nous avons passé des milliers d’années à ne rien faire d’autre que contempler. Mais ce feu-là brûle nos âmes et attise la haine en nous. Il y a d’ailleurs fort à parier que si vous lisez cet article, cela est en partie du au fait que j’y ai mis en entête une photo affichant des flammes. Mais cette haine attise en nous le mal-être qui attise le malheur qui attise la haine et nous voici pris dans un cercle vicieux dont il est temps d’en sortir. 

Il est temps de nous reconnecter avec nous mêmes, d’accepter cette souffrance, de la transformer en énergie positive et de redonner un véritable sens à notre vie.

Ce soir, en rentrant chez vous, au lieu de regarder les actualités sur BFM TV ou autres conneries de ce genres, faites quelque chose de créatif. Mettez-vous à la peinture, à la danse, écrivez ce que vous ressentez, faites-en un livre, faites-le lire par votre chien, brûlez-le ( le Livre ), réécrivez-en un autre, vous verrez qu’écrire ce que l’on ressent sur du papier permet de comprendre et d’évacuer beaucoup de choses.

Ce soir, en rentrant chez vous, allez vous promener dans la nature. Si vous êtes en ville, allez caresser les canards dans la mare du premier parc venu. Respirez, écoutez de la musique bienveillante, prenez conscience et réalisez que tout ce qui nous entoure n’est qu’Amour… Pour combien de temps? De cela je vous laisse décider..

© Levitation Free

Photo : ABDULMONAM EASSA AFP